EDITO de Florémon

La semaine écoulée a offert aux périgourdins musiciens, parents des élèves du Conservatoire Municipal de Musique et de Danse de Périgueux et du Conservatoire à Rayonnement Départemental, aux responsables de ces établissements, aux politiques qui passent leur temps à déclarer que la culture est essentielle à l’épanouissement de leurs concitoyens, et aux amoureux de la musique contemporaine, l’occasion de rencontrer une compositeure française de premier plan : Florentine Mulsant.
Passons sur le silence assourdissant de Sud-Ouest qui n’a pas jugé utile d’annoncer le concert de manière significative, passons sur l’absence du directeur du CRD, passons sur le silence de France Bleue Périgord qui n’a pas daigné envoyer un quelconque stagiaire pour enregistrer un entretien avec la compositeure, passons sur l’absence d’un adjoint à la culture de Périgueux et de Chancelade, passons sur le l’absence remarquée de FR3 aussi bien quant à l’annonce du concert qu’à sa couverture puisque le concert était donné dans les locaux adjacents de cette chaîne dédiée à l’information locale, passons, passons, passons.
Tout ces acteurs doivent être considérablement blasés puisqu’ils ont sans doute eu de multiples occasions d’entendre des Préludes pour piano dédiés aux élèves des deux principaux établissements musicaux du département, peut-être même ces acteurs sont-ils trop cultivés puisqu’ils ont tous les jours l’occasion de se rendre à un concert où se donne une création française, peut-être encore sont-ils rompus à l’écoute de la musique contemporaine et que des élèves de conservatoires ne sont pas à la hauteur de leurs oreilles sensibles comme des radiotélescopes au Chili…
Tout cela  ne serait que broutille s’il ne s’agissait d’une carence permanente des média à rendre compte des faits culturels d’importance, tout cela ne serait que tempête dans un verre de lait s’il ne s’agissait de passer sous silence le travail d’une cinquantaine de pianistes de neuf classes des conservatoires de la Dordogne et de neuf professeurs, sans compter la Master Class donnée quinze jours auparavant par la compositeure Florentine Mulsant.
Heureusement, aujourd’hui Internet existe, les citoyennes et les citoyens pour qui la culture n’est pas qu’un slogan électoral peuvent être informés par d’autres moyens d’information, heureusement que l’on peut faire savoir aux journalistes et aux politiques locaux qu’ils se comportent comme des fossoyeurs méprisants vis-à-vis de la culture.

On se consolera en notant avec une certaine joie que la culture reste, là où l’Homme trépasse…

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Le « baryton du siècle » est mort

Le Nouvel Obs

Créé le 21-05-2012 à 13h01 – Mis à jour à 16h44

Avec Dietrich Fischer-Dieskau disparaît une voix unique qui a marqué le répertoire classique du XXe siècle. Retour sur un talent exceptionnel.

Le grand baryton qui s'est éteint le 18 mai a été le premier interprète allemand à se produire en Israël en 1971. (Oliver Lang/AP/SIPA)

Le grand baryton qui s’est éteint le 18 mai a été le premier interprète allemand à se produire en Israël en 1971. (Oliver Lang/AP/SIPA)

Mots-clés : Dietrich Fischer-Dieskau, décès, baryton, allemand, Sviatoslav Richter, Bach

Ce qui était unique, chez le baryton Dietrich Fischer-Dieskau, qui vient de mourir le 18 mai à 87 ans, ce n’était pas son immense répertoire (du XVIIe siècle aux compositeurs d’aujourd’hui), ni sa brillante technique (notamment sa voix mixte, c’est-à-dire ce mélange de voix de tête et de voix de gorge, qu’il avait cultivé avec un art consommé), ni même ce timbre soyeux qui le faisait identifier immédiatement, non : ce qui était unique, c’est qu’il était un chanteur intelligent. Il ne vendait pas sa voix, mais un texte et une musique, qu’il avait compris jusque dans les plus infimes détails, dans les profondeurs les plus inexplorées, les allusions les plus fines.

Il savait où il devait aller, comme un tragédien qui sait dans la scène d’exposition ce que sera le dernier vers de la pièce. Le chef d’orchestre Emmanuel Krivine, qui avoue tout devoir au grand baryton allemand, dit en souriant : « Contrairement aux apparences, la musique se lit de droite à gauche… » Comme on l’imagine, de tels lecteurs ne sont pas légion le monde lyrique.

Un chanteur non pas viril, mais masculin

Cette intelligence aiguë – multipliée par ce don du ciel qui s’appelle une belle voix – a donc réalisé des prodiges ; et ces prodiges l’ont rendu fort : il était un des rares exemples, avec Fritz Wunderlich et quelques autres, à être un chanteur non pas viril, mais masculin. Puissant, et non capricieux, naturellement meneur, et non pas despotique, c’est-à-dire exigeant, impérieux – même avec Sviatoslav Richter, qui n’était pas précisément un mollasson.

Ensemble, ils ont laissé un enregistrement de concert (récital Schubert, Salzbourg, 1977, publié par Orfeo), qui reste un des plus beaux disques de chant jamais réalisés. Il avait écrit des livres, de vrais livres (sur Schumann, Schubert, Wagner et Nietzsche). Il peignait aussi, moins bien que Schoenberg, mais quand même. Il lisait, il savait. C’était un homme, un vrai…

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Naïve, label musical très subventionné et pas très cool

RUE 89

Louis Lepron | Journaliste

D’anciens salariés du label indépendant dénoncent les conditions de travail au sein de l’entreprise. Des accusations que récuse son patron, Patrick Zelnik.


Carla Bruni en concert, le 18 juillet 2009 à New York (Letz/Sipa Usa)

Pierre, tout juste diplômé, décroche en 1999 un « job de rêve » dans une maison de disque, Naïve, nouveau label indépendant qui bouscule le paysage de l’industrie musicale hexagonale.

Il a contacté Rue89 pour raconter ce qu’il appelle « une dérive et un gâchis » et qui, au fil des échanges, apparaît comme une blessure.

« Nous sommes plusieurs à avoir tout donné à cette entreprise, sans jamais compter. »

Nous avons confronté son témoignage à celui de ses ex-salariés et du président du label, Patrick Zelnik. Ce dernier estime que ce témoignage est téléguidé par d’anciens associés qui veulent sa peau.

Après un an d’allers et retours, nous avons la conviction que son récit ne peut pas être balayé de la sorte. D’anciens salariés, parfois même aux Prud’hommes, ont confirmé ses dires et l’omerta qui règne autour de cette entreprise. L’histoire de ce symbole de la culture indépendante à la française (renfloué par la Caisse des dépôts et consignations, le bras financier de l’Etat) intéresse au-delà des querelles internes.

Présentée comme une entreprise de gauche, portée par l’entregent de son patron présent dans plusieurs instances (La Gaîté lyrique, une commission du ministère de la Culture), Naïve illustre peut-être, aussi, une forme de dérive du management culturel.

Dans un long entretien que nous avons eu avec Patrick Zelnik, la réaction ne s’est pas fait attendre :

« Je ne sais pas qui vous a parlé mais en tout cas, c’est du grand n’importe quoi. »

Le « sacrifice » de Patrick Zelnik

Dès sa création en 1997, Naïve, comme l’admet Patrick Zelnik, est dans le rouge. Jusqu’à aujourd’hui, le label n’a pas engrangé de bénéfices, sauf en 2002, à la sortie du premier album de Carla Bruni.

Douze ans plus tard, le constat de Pierre est sévère :

« Patrick Zelnik affirme que les majors et le téléchargement illégal sont responsables de la mauvaise santé de la boîte. Il raconte fréquemment son sacrifice pour l’entreprise mais augmente très peu les salaires, et oublie de dire qu’il s’octroie un salaire bien supérieur à ceux que se versent les autres dirigeants de labels indépendants.

Et lorsque l’entreprise a gagné de l’argent grâce à Carla Bruni, la direction a jugé qu’il était temps pour elle de se récompenser en se versant des primes exceptionnelles cette année là. Au même moment, elle refusait d’accorder une petite prime générale pour tous les salariés, une proposition faite par un des cadres. »

Patrick Zelnik s’en défend. D’une, « on est dans une société dans laquelle j’ai investi 4,5 millions d’euros ». De deux, il évoque un salaire de 15 000 euros – soit 6% de la masse salariale brute – « ce qui est dix fois moins élevé qu’un salaire de patron de major [Un patron de label comme Mercury ou Polydor gagne environ 30 000 euros par mois, ndlr] ».

Quant à la prime exceptionnelle accordée en 2003 :

« C’était un rattrapage de mon salaire qui avait été baissé de 20% entre novembre 2001 et novembre 2003. Les primes pour les salariés n’avaient pas lieu d’être, vu que leurs salaires n’avaient pas été baissés… »

Le rôle étrange de la Caisse des dépôts

Pour Pierre, « alors que chaque année le label annonce environ deux millions d’euros de pertes », les salariés de l’entreprise ne comprennent pas que Naïve ne coule pas.

Corroborant les informations publiées dans Le Canard Enchaîné du 11 janvier 2012, Pierre affirme que la Caisse des dépôts et consignations a joué un rôle crucial. Elle détient 15% du capital de la société et l’a renflouée, pour la seule année 2009, à hauteur de deux millions d’euros, puis de 300 000 euros en 2010, alors que le label n’a pas gagné d’argent depuis 2003.


Article du Canard Enchaîné du 11 janvier 2012

Mais pour Patrick Zelnik, l’intervention de l’organisme public est raisonnable, la Caisse des dépôts renflouant Naïve depuis 2000. Il répond par une comparaison :

« Vous savez combien de temps Actes Sud a mis pour être rentable ? Vingt-cinq ans.

La Caisse des dépôts investit sur le long terme dans des entreprises. Elle m’a approché dès 2000 et Naïve n’a pas d’équivalent dans le milieu culturel. Et il faudrait même que la Caisse des dépôts investisse plus. »

Pourtant, Le Canard Enchaîné écrit dans un article du 11 janvier 2012 :

« En 2009, la Caisse a encore investi deux millions […]. La Caisse n’est pas mesquine : dans son “rapport d’évaluation” (préalable à tout investissement), elle avait pourtant critiqué le salaire trop élevé des dirigeants et le contenu trop flou de ses rapports d’activité… »

Et Sophie Coignard, auteur de « L’Oligarchie des incapables », d’ajouter lors d’une interview à France Info :

« A l’intérieur de la Caisse des dépôts, les experts, les auditeurs ne voulaient pas qu’on investisse parce que cette entreprise [Naïve, ndlr] n’allait pas très bien. »

« Une gestion ahurissante des projets »

Lors des signatures d’artistes, c’est la direction qui propose et conclut. Mais ce n’est pas ce qui dérange le plus Pierre :

« Au lieu de capitaliser sur des artistes ayant du potentiel, la direction multiplie des projets de copinage : pour faire plaisir au président, ou tel artiste sur le retour, ou faire plaisir à un ami. Et des signatures, comme Richard Cocciante, se font contre l’avis de tous. »

Une pratique courante qui peut arriver « deux mais pas trois fois » selon un ancien employé de Polydor. Ces « contrats ahurissants » ont pour résultat une surcharge du travail mais surtout de nouvelles pertes selon Pierre, car « il ne reste plus d’argent pour les bons projets, ceux qui auraient pu être rentables ».

Patrick Zelnik récuse en bloc. Selon lui, « 90% des artistes qui ont marché ont été signés par [lui] et le copinage n’existe pas chez Naïve ». Le président fustige aussi ses directeurs artistiques successifs incompétents qui « signent des gens chers, faisant perdre beaucoup d’argent au label ».

« On est à la cour du roi »

Pierre souhaite aussi aborder l’ambiance bien peu « créative » et peu en rapport avec l’image « cool » du label. Lorsqu’un salarié émet des doutes sur les choix de la direction ou du président, la réaction, dit-il, est virulente :

« Je me suis fait défoncer. On est à la cour du roi. Du jour au lendemain, on peut être porté aux nues, puis traité d’usurpateur la semaine suivante. »

Le PDG de Naïve nomme ses proches au sein du label : sa compagne à la direction du département édition ; son fils, Jérémy Zelnik, en tant qu’attaché de direction ; et prend le fiancé de la vice-présidente Béatrice Costermans comme prestataire de service sur Internet.

Lors de notre entretien, le président de Naïve admet avoir évolué à propos de la notion de népotisme, notamment après que de l’argent a été volé, lors d’un salon, il y a quelques années. Il poursuit, sur la défensive :

« On parle de trois personnes sur 70 dans l’entreprise ! Quelle que soit son origine, si quelqu’un est compétent, j’ai le droit de le nommer. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de nommer ma compagne, et je ne décide pas de leur salaire. »

Des représentants du personnel « menacés »

Patrick Zelnik encourage vivement ses employés à prendre, sur leurs heures de travail, du temps pour aller au cinéma ou voir des expositions. Ce que le président de Naïve nous a confirmé.

Le PDG, qui se dit de gauche, « est intransigeant au travail ». Pierre donne sa version :

« Il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les RTT à tel point que certains angoissent à l’idée de demander la journée de récupération mensuelle qui leur est pourtant due. »

Patrick Zelnik se défend : les RTT « sont inapplicables pour une société comme Naïve car cela fait baisser notre productivité de 50% ».

Il rajoute :

« Je suis favorable au temps choisi. Je conseille aux salariés mécontents d’aller dans un autre secteur pour comparer. »

Mais selon Pierre, chez Naïve, mieux vaut ne pas être représentant du personnel et demander des améliorations sociales :

« Fustigés en public et accusés de vouloir couler l’entreprise, ils sont souvent convoqués à part par la direction et critiqués, parfois même menacés, tant pour leur fonction de représentant que pour leur travail au sein de l’entreprise. »

A la question de savoir si les représentants du personnel veulent couler Naïve, Patrick Zelnik nous a répondu avec colère lors de notre tête-à-tête :

« Oui. Je les accuse tout d’abord de bêtise et on a autre chose à faire que de passer des heures dans des doléances. Il y a certains mécontents qui font du prosélystime. »

Pour Pierre, Patrick Zelnik se rachète une image en dehors du label :

« En dehors de ses fonctions de président de label, Patrick Zelnik s’offre une vertu à coups de “commissions gouvernementales”, de coups d’éclats dans la presse et de nouvelles fonctions. A la Gaîté lyrique depuis 2008, ou pour le compte du ministère de la Culture à partir de 2009. »

Pour Patrick Zelnik, avoir des fonctions en dehors du label, « dans un marché en crise, je suis obligé de le faire ».

« Attendre un enfant : du plus mauvais effet »

Au sein de l’entreprise, Patrick Zelnik ne voit rien à y redire :

« Aucun licenciement pour dénigrement n’a été notifié. »

Il avoue quand même qu’un « licenciement pour usage inconsidéré à titre privé du téléphone portable de la société lui a été notifié en 2006 par l’ancien vice-président de la société ».

Mais ce dont il ne parle pas, ce sont tous ces licenciements économiques qui finissent la plupart du temps aux Prud’hommes et qui sont gagnés par les salariés. Ce qui fait dire à un ancien du label :

« Quand j’ai été à mon procès, le juge a dit : “Quoi ? Encore Naïve !”. Car l’entreprise est coutumière du fait : alors qu’avec les autres labels, des majors, les avocats ont l’habitude d’être dans la négociation, ils sont à chaque fois dans la confrontation lorsqu’il s’agit de Naive. »

Et Pierre de dénoncer un climat social dur, évoquant le cas des femmes enceintes :

« Attendre un enfant est du plus mauvais effet. La majorité des femmes enceintes, puis des jeunes mamans, sont mises au placard ou tout simplement poussées vers la sortie.

Les courriers annonciateurs de mauvaises nouvelles (avertissements, licenciements) partent généralement pendant les vacances des employées, les congés maternité, la veille de Noël, ou même pendant les arrêts maladie.

L’affaire se termine généralement devant les Prud’hommes, car le président nous explique qu’une maison d’artistes indépendants n’a pas les moyens de faire du social. »

L’une des salariés a par exemple reçu un avertissement « infondé » une semaine après son départ en congé maternité. Car arrivé à un moment inopportun, un avertissement n’a pas beaucoup de sens : il a pour but de susciter un « changement d’attitude » chez une salariée absente pendant plusieurs mois. Intimidation visant à pousser cette employée dehors ?

Après cet avertissement, et alors qu’elle a envoyé plusieurs lettres le contestant, la salariée en question ne veut plus continuer à travailler pour le label. Elle réussit à négocier une rupture conventionnelle et quitte Naïve.

Un salarié nous a alors résumé la situation :

« Naïve ne respecte pas la loi. C’est la loi qui doit s’adapter à eux. »

« Il existe un certain taux d’anxiété à Naïve »

Un médecin généraliste qui recevait des employés du label nous confirme la tension qui existe au sein du label :

« A Naïve, il y a un certain taux d’anxiété. C’était notamment des jeunes femmes qui avaient des crises de larmes, souffraient d’insomnie et mettaient en cause la pression hiérarchique. »

Mais pour Patrick Zelnik, aucune de ces pratiques n’est parvenue à ses oreilles, soulignant que c’est « impossible, les ressources humaines ne peuvent pas faire ça », tout en affirmant, à propos des conditions de travail :

« L’inspection du travail est intervenue sur cette thématique en avril 2010 et n’a rien relevé. »

Pierre conclut :

« Je regarde désormais d’un œil affligé mes derniers collègues se débattre pour garder la tête hors de l’eau. Mais c’est la colère qui m’anime, en voyant le président pérorer en public, dès qu’il en a l’occasion, tout en sachant que c’est aussi l’argent du contribuable, donc le mien, qui lui permet de continuer à exister… »

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Les problèmes de la chaleur et la pratique artistique..

10 affections liées à la chaleur et pratique artistique

Les pratiques artistiques se réalisent parfois dans des conditions thermiques difficiles. Les artistes de rue peuvent être particulièrement exposées aux risques liés à la chaleur, plus encore lorsque les pratiques se font avec des vêtements lourds et hermétiques (parc d’attraction par exemple), mais les autres pratiques comme la danse, le chant, la musique, les arts plastiques lors d’happening par exemple peuvent être victime d’un trouble lié à la chaleur.

Coup de chaleur d’exercice (hyperthermie maligne d’effort) :
Élévation extrême de la température centrale suite à un travail musculaire intense, responsable d’une altération des métabolismes cellulaires et des grandes fonctions pouvant conduire au syndrome de défaillance multiviscérale.

Coup de chaleur classique :
Il apparaît préférentielle chez les enfants et les vieillards, au repos, lors des vagues de chaleur. La présentation clinique est proche du tableau précédent et peut évoluer vers le syndrome de défaillance multiviscérale. L’hyperthermie du noyau central de l’organisme survient lorsque l’élévation de la température corporelle consécutive à une ambiance chaude dépasse les mécanismes de dissipation de la chaleur que régule l’hypothalamus, aboutissant à une défaillance multi- viscérale, voire au décès. Il semble de plus que des médiateurs chimiques tels que les cytokines et les endotoxines soient stimulées et que la coagulation soit activée amplifiant ainsi les dommages.

Déshydratation :
Il s’agit d’une déshydratation extracellulaire avec soif intense, pli cutané, hypotension, sécheresse des muqueuses et troubles de la conscience. La perte de 1 litre de sueur représente 2,5% du volume d’eau total d’un adulte. Les capacités physiques et intellectuelles se détériorent rapidement à partir d’une perte de 4% du poids du corps.

Insolation :
Elle correspond à une charge thermique externe sur l’enveloppe cutanée, par radiation solaire et convection.
C’est la conséquence d’une élévation de la température corporelle et par la libération de substances (dites pyrogènes) libérées par les cellules en souffrance et ayant pour principal effet de stimuler les centres régulateurs de la température dans le sens de l’élévation de température.

Syncope de chaleur :
Elle est liée à une stase veineuse périphérique avec hypotension artérielle sans élévation de la température centrale. Elle se rapporte à l’hypotension orthostatique. Elle survient principalement dans les suites d’un effort physique dans un environnement chaud. Il peut exister des prodromes à type de nausées, vertiges, troubles de la vision puis survient la perte de connaissance. La perte de connaissance est brève et limitée. Les patients récupèrent dès qu’ils sont allongés. Les personnes âgées sont plus à risque en raison de la diminution de l’élasticité et de la réponse physiologique du système cardiovasculaire.

Épuisement :
Affaiblissement de l’organisme en raison d’une fatigue musculaire associée à des désordres circulatoires objectivés par une tachycardie, une déshydratation et parfois un début d’hyperthermie. Il est provoqué par une perte excessive d’eau et de sels de l’organisme à la suite d’une exposition prolongée à une chaleur, et peut être mortel chez les personnes âgées. Dans l’épuisement dû à la chaleur, la température de corps peut s’élever au-dessus 38 C° mais restera en dessous de 40 C° mais parfois la température peut rester normale surtout chez les personnes âgées.

Crampes de chaleur :
Contractions spasmodiques musculaires douloureuses touchant en premier les muscles fléchisseurs des doigts. Les accès durent deux à trois minutes et se reproduisent après une pause de quelques minutes. Le syndrome d’hyponatrémie (également appelé syndrome de déchloruration) peut s’observer en cas de sudation abondante avec reconstitution du capital hydrique par de l’eau, ce qui ne compensera pas la perte saline : hyperhydratation cellulaire qui en résulte (fatigue, nausées, crampes) et qui peut être associée à une déshydratation extracellulaire guette les individus non acclimatés ou ayant un régime hyposodé.

Oedèmes des extrémités :
Il résulte de la vasodilatation qui se produit en réaction à la chaleur. L’augmentation du débit sanguin avec un élargissement du diamètre des vaisseaux augmente la pression hydrostatique. L’œdème dû à la chaleur survient principalement chez les patients ayant des altérations vasculaires liées à l’hypertension, au diabète, aux atteintes vasculaires périphériques et donc plus fréquemment chez les personnes âgées ou les personnes n’ayant pas l’habitude des fortes chaleurs.

Dermatoses diverses (miliare rouge, sudamina, eczéma dysdrosique, mycoses…)
Il s’agit le plus souvent d’une éruption très irritante, rouge, maculopapuleuse. Elle se produit le plus généralement sur des parties du corps recouvertes par les vêtements. Elle est due à un excès de sudation pendant les périodes chaudes et humides. Cette manifestation se retrouve plus fréquemment chez les enfants. Cependant, les adultes portant des tissus synthétiques (certaines pratiques artistiques), peuvent également présenter une telle éruption. Une infection staphylococcique secondaire est souvent présente.

Diminution de la performance :
La chaleur par l’ensemble de ces effets va rendre plus difficile les pratiques artistiques, d’autant plus qu’elles sont exigeantes sur le plan physique et mental et/ ou que le sujet présente des problèmes de santé, notamment cardio-vasculaires. La chaleur entraîne des altérations fonctionnelles sensorielles et physiques à minima des modifications de la préhension, de la sensibilité du fait même de mains moites. La chaleur a des effets sur le plan psychologique également. La précision du geste va être aussi perturbée.


Gestion de l’environnement thermique et prévention sont les points clés pour maintenir santé et performance de l’artiste. Dans ces situations pathologiques prenez conseils auprès de votre médecin, certaines de ces troubles sont de véritables urgences et nécessitent des soins rapides et spécialisés


d’après le concours médical 25/06/2003

Rédacteur Docteur Arcier André, mise à jour mai 2008.

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Les risques d’accident sur scène n’épargnent pas les chefs d’orchestre…

Kurt Mazur aurait dû avoir une autre destinée que celle de chef d’orchestre, mais le sort en a décidé autrement.

Une carrière de chef d’orchestre par défaut

« Devenir chef, c’était pour moi comme devenir toréador pour un Espagnol pauvre ! dira-t-il lors d’un interview en 2002. Ce n’est pas une personne qui m’a inspiré, c’est une nécessité. Jeune pianiste, je ne désirais qu’une chose : être organiste. Mais une maladie a courbé définitivement l’un de mes doigts. Le docteur m’a dit d’oublier le piano et l’orgue. Mais je n’imaginais pas d’autre porte de sortie que la musique. J’ai grandi dans une très petite ville où il n’y avait pas d’orchestre. Il m’a fallu atteindre l’âge de 16 ans pour assister à un concert ou à un opéra. J’ai su instantanément que je voulais devenir chef d’orchestre.

Kurt Marzur fait partie des chefs d’orchestre qui utilisent rarement la baguette. Le sort également, et finalement les problématiques de santé ont également nécessité un changement dans sa pratique. Il dira lui-même, qu’il avait décidé de ne plus diriger à l’aide de la baguette : « à la suite d’un accident de voiture en 1972. Je ne pouvais presque plus bouger les bras. Quelques jours plus tard, j’ai dû diriger la Messe en si mineur de Bach, et je l’ai fait avec deux doigts ! Depuis, je n’utilise plus de baguette. Mais je la reprends dès que la précision de l’orchestre n’est pas à mon goût ».

Ainsi chez le musicien, les aléas de santé jouent un rôle particulièrement important dans sa destinée professionnelle. Nombre de musiciens ont à minima modifié leur parcours en relation avec un problème de santé, un accident ; Schumann, Django Reinhardt en sont les illustrations les plus connues. Mais ils sont plus nombreux encore à avoir arrêté définitivement leur pratique instrumentale du fait d’un aléa de santé.

Les chutes de plain pied sont une cause banale de traumatisme pouvant induire une interruption plus ou moins longue de la pratique instrumentale. Si elles surviennent généralement en dehors de phases de jeu, les risques professionnels en relation avec une chute en temps et lieu de travail ne sont pas anecdotiques et restent relativement fréquentes.

Les chutes des artistes en pleine représentation sont dans le domaine de la variété extrêmement fréquentes ; le plus souvent légères, elles font le buzz sur internet, Beyoncé, Lady Gaga, Madonna, Rihanna en ont été les victimes avec des conséquences limitées.

Récemment en décembre 2011 au Metropolitan Opera de New York, la mezzo-soprano Wendy White au cours de la représentation de Faust a chuté d’une plate-forme située à 2,5 mètres de haut. Hospitalisée, mais souffrant de blessures légères, elle a été remplacée au pied levé dans le rôle de « Dame-Marthe » par Théodora Hanslowe.

Nous avions évoqué précédemment la chute de la soprano Ann Maria Martinez, qui tomba dans la fosse de l’orchestre.

Une soprano dans un fauteuil roulant

Peu de temps auparavant, c’est Joyce DiDonato (Photo ci-dessus, © Neil Gillepsie) qui avait glissé au cours de la représentation du Barbier de Séville à Covent Garden et s’était fracturée une jambe (le péroné). Pensant s’être fait une simple entorse, elle avait terminé la représentation avec une canne ; en fait hospitalisée à la fin de la représentation, il s’agissait d’une fracture. Pour autant, les représentations suivantes se sont bien tenues, Joyce DiDonato donnant de la voix sur un fauteuil roulant. La mise en scène a été quelque peu adaptée pour tenir compte de l’incapacité « pédestre » de la chanteuse.

La musique adoucit la douleur

Le 25 septembre 2009, c’est le compositeur David Ott qui faisait une grave chute. Alors qu’il conduisait la première de son opéra The Widow’s Lantern, à l’Opéra de Pensacola en Floride, il a fait une chute en allant récupérer sa partition. Il est tombé sur un plancher en béton 4,5 mètres plus bas. Il s’est fracturé 11 vertèbres sans atteinte de la moelle épinière. Il dira lui-même qu’il a eu beaucoup de chance : « Je n’ai souffert d’aucune paralysie, le rétablissement a duré plusieurs mois, mais je pouvais marcher dès hors de l’hôpital le jour suivant. Il rajoutait que « sans doute, la musique a augmenté et a accéléré le processus curatif. Chaque jour, j’ai écouté de la grande musique comme véhicule pour soulager la douleur, l’augmentation des endomorphines favorise la guérison ».

Les chefs d’orchestre ne sont pas épargnés. En 2006 après une Neuvième de Beethoven avec l’orchestre philharmonique de Boston, saluant le public, James Levine est tombé de scène. Il a présenté un traumatisme de l’épaule qui a nécessité une chirurgie et a entraîné quatre mois d’indisponibilité. Jeudi 26 avril 2012, Kurt Mazur a fait une chute d’un podium en pleine exécution de la Sixième symphonie de Tchaïkovski, au Théâtre des Champs-Elysées. « Il dirigeait l’Orchestre National de France lorsque, en plein troisième mouvement de la Pathétique, il s’est approché au bord de l’estrade sur laquelle il était surelevé et est parti en arrière, chutant jusqu’aux premiers rangs du public. Hospitalisé, il semble après examen (scanner) qu’il ne souffre que d’un léger traumatisme et devrait sortir dans quelques jours. »

Au fil des semaines, nous insistons sur les risques auxquels sont soumis les artistes. Ces risques sont insuffisamment pris en compte ; l’analyse des risques fait partie des obligations légales depuis plusieurs années et ces risques doivent figurer dans un document nommé Document unique. Les organisations musicales comme toutes les organisations professionnelles sont soumises à cette législation.

La prévention des risques nécessaire chez les artistes

Les traumatismes liés à une chute sont extrêmement banals, les conséquences sur la pratique instrumentale sont souvent redoutables pour le musicien. La prévention demande une aptitude première, c’est d’être conscient du risque et d’appliquer les mesures de protection et de prévention nécessaires de manière systématique ; c’est trop rarement le cas dans le milieu artistique.

Ces exemples montrent si c’était nécessaire que même si la musique a pour certains des vertus thérapeutiques, comme le dit David Ott, elle n’a en rien des vertus d’antidote vis-à-vis des risques et les organisations artistiques, les artistes eux-mêmes devraient s’en convaincre.


Rédacteur : Docteur ARCIER, Médecine des arts®
Médecine des arts® est une marque déposée.

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