De profundis Brubeck

Mediapart.fr

06 décembre 2012 | Par FREDERICK CASADESUS

Brubeck déposait le poids de son piano dans la balance du quartet.

Un toucher très dense, dénué d’afféteries, des harmonies sophistiquées mais passées sans ostentation, le style de Brubeck évoquait le bois plutôt que le métal. Et pourtant c’est un alliage qui le rendit célèbre. Sans doute le contraste avec l’altiste Desmond a-t-il constitué la bonne mesure des choses- en compagnie de Gerry Mulligan et de son saxophone baryton, Dave Brubeck apparaissait trop lourd. Il y a de l’ironie dans l’Histoire à ce qu’un musicien ait franchi les portes de la postérité pour un 5/8 qu’il n’avait pas composé. Mais ce pianiste souriant connaissait Schoenberg, avait étudié la composition sous la direction de Darius Milhaud.   Cela sans doute le classait parmi les amis du genre humain. Regrets éternels…

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