Yaron Herman: les secrets de l’école du jazz israélien

Mediapart.fr

29 décembre 2012 | Par Patrick Artinian

Le jazz, c’est d’abord une affaire de villes. New Orleans bien sûr, où l’aventure a commencé. Puis Chicago, Kansas City, New York ou Los Angeles où il s’est épanoui. Mais l’Amérique ne pouvait à elle seule contenir ce cœur grondant, le jazz est allé voir ce qui se passait ailleurs, plus au sud, La Havane ou Rio de Janeiro. Puis, débarquant sur les plages normandes dans les besaces des GI’s, c’est à Paris qu’il s’est installé, réjoui qu’enfin, on ne jugeait plus la valeur humaine à la teinte de l’épiderme. De là, il a rayonné vers Munich, Londres ou Copenhague avant, comme un ironique coup d’œil dans son rétroviseur, de s’élancer vers Bamako, Dakar et même jusqu’à Cape Town. Mais quand il est arrivé à Istanbul, on s’est dit que c’était la fin du voyage, que plus à l’Est, il n’y avait pas grand place où swinguer. C’était un peu vite oublier la remuante Tel-Aviv.

Depuis une quinzaine d’années, on a vu arriver une jeune et talentueuse génération de musiciens issus du melting-pot israélien. Si les inspirations sont multiformes, ces musiciens ont en commun un lyrisme avéré, sinon débordant, et un sens efficace de la mélodie. Citons pêle-mêle Avishai Cohen, le contrebassiste découvert aux côtés de Chick Corea, qui vole désormais de ses propres ailes, ou son homonyme Avishai Cohen le trompettiste qui, avec sa sœur Anat et son frère ainé Yuval, forment le groupe des “3 Cohens” tout en menant chacun une carrière solo parallèle, mais aussi Omer Avital ou Shai Maestro.

Voir la vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/xvwzeu_yaron-herman-une-lecon-de-jazz-israelien_creation

Contrairement aux précédents, installés à New York, le pianiste Yaron Herman réside en France. Mediapart l’a rencontré à l’occasion de la sortie de son sixième album, certainement le plus abouti, Alter Ego, sur le très inspiré label Act, qui vient de célébrer ses 20 ans. Il évoque Opher Brayer, son professeur, atypique, qui enseigne la musique en puisant dans les mathématiques et la philosophie, et qui a vu passer pas mal des jeunes artistes de cette “école israélienne“ du jazz.

Opher Brayer, qui s’est inspiré des travaux de Joseph Shillinguer (1895-1943), compositeur et musicologue russe immigré aux États-Unis en 1928, professeur de Benny Goodman et George Gershwin, et de sa méthode “scientifique“ d’apprentissage de la musique, a désormais abandonné l’enseignement musical pour appliquer ses théories au… marketing.

La boîte noire :

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