Le pianiste turc Fazil Say condamné à dix mois de prison avec sursis pour des tweets anti-islam

Par AFP

 

Fazil Say vient d’être condamné pour avoir diffusé des propos jugés anti-Islam sur son compte Twitter. Le pianiste a prévenu qu’il s’exilerait en cas de condamnation.

Le pianiste Fazil Say durant un concert à Ankara le 14 octobre 2010. – Photo Stringer. Reuters

 

 

Un tribunal d’Istanbul a condamné lundi le célèbre pianiste-compositeur turc Fazil Say à dix mois de prison avec sursis pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des propos jugés blasphématoires à l’endroit de la religion musulmane.

Fazil Say, qui n’était pas présent à l’audience, a été reconnu coupable d’«insulte aux valeurs religieuses d’une partie de la population» après avoir publié sur son compte Twitter des tirades provocatrices sur les musulmans et l’islam.

L’avocate du virtuose turc, âgé de 43 ans, n’a fait aucun commentaire à la presse à l’issue de l’audience. Fazil Say risquait une peine d’un an et demi de prison ferme.

Lors de la première audience de son procès en octobre, le pianiste, notoirement hostile au gouvernement islamo-conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2002, était venu lui-même clamer son innocence en assurant qu’aucun de ses messages «n’avait pour objectif d’insulter, d’humilier» l’islam et ses fidèles.

Dans les médias, il avait ensuite accusé le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir d’être à l’origine des poursuites lancées contre lui.

«C’est politique tout ça. Derrière, il y a des gens de l’AKP», avait-il affirmé en décembre sur la chaîne privée CNN-Türk. «Ils veulent me faire croire en Dieu en me faisant passer un an et demi en prison», avait dénoncé l’artiste, qui avait prévenu quelque mois plus tôt qu’il s’exilerait en cas de condamnation.

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