Trois ateliers de théâtre condamnés à fermer en Dordogne

Sud-Ouest

La décision du rectorat vient de tomber :les ateliers de théâtre des lycées Jay-de-Beaufort et Bertran-de-Born, à Périgueux, et du collège de Ribérac sont supprimés.

Leur dernier spectacle. Les lycéens de Bertran de Born se sont produits fin mai au Théâtre de Périgueux où ils ont joué une création « Cas barrés et autres animaux ».

Leur dernier spectacle. Les lycéens de Bertran de Born se sont produits fin mai au Théâtre de Périgueux où ils ont joué une création « Cas barrés et autres animaux ». (Photo Jean-Christophe Sounalet/SO)

 

C’est un coup dur porté à l’enseignement artistique. Trois ateliers théâtre vont devoir cesser leurs activités : ceux des lycées Jay-de-Beaufort et Bertran-de-Born à Périgueux, ainsi que celui du collège de Ribérac.

La nouvelle, qui a causé un véritable choc, vient de tomber à la veille des vacances. Le rectorat d’académie a pris, jeudi 27 juin, la décision de fermer ces trois ateliers.

« La lettre est arrivée le 2 juillet. Alors que le 23 avril, le rectorat nous avait dit que les activités continueraient. Il devait seulement y avoir une baisse des moyens », rappelle Valérie Dallage, professeur de français et animatrice de l’atelier au collège de Ribérac. Et à Jay-de-Beaufort, le conseil d’administration de l’établissement avait voté des crédits pour l’atelier théâtre mardi 25 juin. Sans présager de ce qui se tramait.

Du théâtre éducation

« Ces ateliers permettent de révéler des talents artistiques. Ils aident aussi des jeunes à poursuivre leur parcours de scolarité », souligne Jean-Philipe Ladevèze, proviseur au lycée Bertran-de-Born.

Ils fonctionnent selon les principes du théâtre éducation. Ils ont comme responsables un enseignant et un comédien : Jean-Marie Champion du Théâtre Grandeur Nature pour le lycée Bertran-de-Born ; Laurent Eyllier, du Théâtre de la Skéné, pour Jay-de-Beaufort ; Renaud Marchal, de la compagnie Lazzi Zanni, pour le collège de Ribérac.

Chaque année, les ateliers se retrouvent soit aux Didascalies, festival du théâtre lycéen, soit aux Turbulences, rencontres entre collèges du département.

Cette décision ne peut être expliquée, en aucun cas, par un mauvais fonctionnement des ateliers concernés. Au contraire. Comptant de 20 à 30 membres, tous ont manifesté leur créativité. Cabaret déjanté, relecture du « Bourgeois gentihomme », façon années 70, étaient au programme des lycéens.

Une dynamique de 30 ans

Ironie du sort. Les collégiens de Ribérac ont joué, le mois dernier, une adaptation de « Lapin lapin » de Coline Serreau sous le titre « Tout va bien ». « Comment va-t-on expliquer aux jeunes que tout s’arrête ? », se demandent les enseignants. « C’est une dynamique de trente ans qui s’effondre », constate avec amertume Jean-Marie Champion, directeur artistique des Didascalies et pionnier en la matière.

La Dordogne, maillée par un véritable réseau, était jusqu’à présent en pointe en matière de théâtre éducation. Mais aujourd’hui, les perspectives sont sombres. On entend parler de coupes, de réductions d’heures. On s’interroge : « Les Didascalies pourront avoir lieu en 2014. Mais après ? » Les ateliers théâtre existeront-ils toujours ? Et sinon, par quoi seront-ils remplacés ?

Une pétition est mise en ligne sur Internet pour demander le maintien des moyens affectés aux options artistiques facultatives.

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