Sarlat : la masterclass 2013 prête pour son récital

Sud-Ouest

Les élèves de la 7e Académie de l’orgue et du clavecin, en stage depuis lundi, jouent ce vendredi à Sarlat, en Dordogne

Yasuko et Michel Bouvard, accompagnés de leurs stagiaires et de Bernard Podevin (à droite)

Yasuko et Michel Bouvard, accompagnés de leurs stagiaires et de Bernard Podevin (à droite) (Photo Thierry Dumas)

 

Dans un autre style, disons plus moral, ça ressemble un peu à la « Star Academy », avec des pensionnaires qui révisent toute la semaine en vue du prime time du vendredi, face au public.

« Et cette année, le niveau de cette masterclass 2013 est excellent et homogène », se félicite Michel Bouvard, l’un des meilleurs organistes français.

Pour la troisième année consécutive, dans le cadre du Festival du Périgord noir, le directeur artistique de Toulouse-Les Orgues a encadré douze stagiaires venus du monde entier en compagnie de sa femme Yasuko, spécialiste du clavecin.

D’habitude, le couple accepte huit à dix élèves, mais a succombé devant la forte demande. « On est monté à douze et on a refusé quand même cinq personnes. Du coup, elles sont déjà inscrites pour la prochaine édition », sourit Michel Bouvard.

Cosmopolite

Le succès du rendez-vous n’a rien d’étonnant vu le tarif pratiqué : 300 euros la semaine, hébergement (hôtel des Récollets) et trajets en bus compris. « Car on est allé à Montpon-Ménestérol et on va à Bordeaux samedi pour voir d’autres orgues », précise Jean-Philippe, un Belge exilé à Rouffignac-Saint-Cernin. « Et puis c’est aussi l’occasion de visiter une superbe ville », ajoute Guillaumine, 21 ans, originaire de Toulouse. Avec son compère alsacien Thomas, membre du conservatoire de Paris, ils se destinent à une belle carrière d’organiste.

Pour Jean-Philippe, qui vient juste de s’y remettre, l’intérêt était différent : « Je n’ai pas leur niveau, mais j’ai beaucoup appris avec Michel Bouvard. Il sait tout, mais il sait se remettre en question. Il a beaucoup d’humilité malgré son talent. Pour l’instant, je ne stresse pas trop en vue du concert, mais juste avant, ce sera peut-être autre chose. En plus, mes proches seront là. »

À ses côtés, Ivan, un Géorgien qui vit entre la Norvège et les États-Unis, où il avait rencontré son professeur du jour : « C’était à Rochester, au nord de New-York, où il enseignait. Michel m’a parlé de Sarlat et de ce stage. C’était l’occasion de venir et de découvrir le foie gras ! » L’Espagne, le Japon et les États-Unis étaient également représentés dans cette masterclass 2013, largement attirée par la réputation flatteuse dont jouit l’orgue de Sarlat, construit en 1752 et rénové en 2005 par Bertrand Cattiaux. « C’est justement pour faire connaître cet orgue et le rendre accessible que nous avons créé en 2007 cette Académie de l’orgue et du clavecin. Et si le coût de participation n’est pas très élevé, c’est aussi car la Ville fait un effort en la matière », conclut l’organiste de la cathédrale Saint-Sacerdos, Bernard Podevin.

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