Russie: le violoniste Gidon Kremer dénonce des « signes de dictature »

La Scène

Le violoniste letton Gidon Kremer, qui avait quitté l’URSS en 1980, a dénoncé des « signes de dictature » en Russie et appelé à défendre les opposants au Kremlin, à l’occasion d’un concert qu’il a organisé lundi soir à Berlin.

Ce concert, auquel ont participé notamment le maestro israélo-argentin Daniel Barenboïm et la pianiste argentine Martha Argerich, était destiné à « soutenir les victimes innocentes des violations des droits de l’Homme en Russie », a déclaré le musicien à Radio Svoboda (Radio Liberty).

Le concert s’est déroulé le jour anniversaire du meurtre, toujours non-élucidé, de la journaliste d’opposition Anna Politkovskaïa, assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou.

« Le pouvoir (russe, ndlr) fait-il disparaitre exprès ceux qui ne sont pas d’accord ? Est-ce que ce ne sont pas là les signes d’une dictature? », a lancé le musicien, considéré comme l’un des plus grands violonistes du XXe siècle, sur le site en ligne Colta.ru.

« Je veux juste dire aux gens: réveillez-vous, c’est l’horreur », a-t-il ajouté.

Le musicien de 66 ans a également dénoncé le sort de l’ex-magnat du pétrole et contradicteur du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, qui purge une peine de onze ans de camp.

Gidon Kremer s’était déjà opposé à ce qu’il considérait comme une condamnation « injuste » de deux membres du groupe Pussy Riot à deux ans de camp pour avoir chanté en 2012 une « prière punk » contre Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou.

Né de parents d’origine allemande à Riga, Gidon Kremer, qui a fait ses études au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, s’est établi en Allemagne en 1980.
© La Scène © Agence France-Presse

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