Un métier rare entre mécanique et objet d’art : la facture d’orgue.

Étienne Fouss est l’un des cinq facteurs d’orgue en France.

Il est Périgourdin et expose au marché des artisans d’art.

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Rue Flammarion, à Périgueux. Étienne Fouss a mis 4 mois pour fabriquer cet orgue.

Rue Flammarion, à Périgueux. Étienne Fouss a mis 4 mois pour fabriquer cet orgue. (Photos Arnaud Loth)

Etienne Fouss parle vite, balaie en l’espace de quelques minutes l’histoire de l’orgue qui débute à Alexandrie au IIIe siècle avant Jésus-Christ et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Il glisse entre deux phrases, le nom de son inventeur : Ctecibios. On apprend, au passage, que le musée Vesunna, à Périgueux, expose une pièce unique, « une pompe à bois », imaginée par ce dernier, « qui a inventé un tas de trucs, dont l’orgue ».

Et quand Étienne Fouss parle de l’instrument qu’il façonne pendant plusieurs mois dans son atelier, en contrebas de la Grenadière, il utilise aussi bien des métaphores ayant trait à l’électricité – pour parler des circuits de l’air à l’intérieur de l’instrument – qu’à la mécanique, en comparant l’orgue à une machine à vapeur.

Pendant ce temps, l’œil du visiteur se balade dans son atelier, où le bois et les outils côtoient des photos d’orgues monumentaux dorés que l’on devine provenant de cathédrales, de basiliques romaines ou d’ailleurs.

Un orgue réinventé

L’œil fait alors la comparaison avec l’instrument placé au milieu de l’atelier, beaucoup plus sobre. Il est moins volumineux qu’un piano, mais le fonctionnement est le même que celui d’un orgue traditionnel. C’est bien cela qui fait la spécificité de l’artisan périgourdin, qui a commencé sa carrière comme apprenti, à 14 ans, dans un atelier bruxellois.

Passionné de musique baroque et médiévale, il explique avoir voulu concevoir « un orgue qui peut s’inclure dans un orchestre, qui fournit une belle ligne de basse (incontournable en musique médiévale et baroque) et qui est facile à accorder ». Pour cela, « je me suis basé sur les modèles de l’époque, mais en les adaptant à la pratique contemporaine de la musique baroque. »

Aujourd’hui, les ensembles de musiques anciennes ainsi que les conservatoires en France et en Europe font, sur ces critères, appel à lui. Après avoir livré des orgues à la Réunion, à Puteaux et bientôt à Annecy, il se prépare à créer un orgue spécifique au conservatoire de Versailles. Entre-temps, ce Bruxellois d’origine est susceptible de faire un détour par l’Espagne. C’est en effet lui qui conçoit les orgues auxquels Jordi Savall, un musicien catalan reconnu internationalement, a recours pour accompagner ses interprétations à la viole de gambe.

Il enlève le panneau ajouré de la façade de l’orgue, qui sera présenté aujourd’hui place Saint-Louis, et soulève le clavier. On est plongé dans un dédale de tubes en bois, allant d’1, 50 mètres à 15 millimètres. 212 tuyaux exactement sont placés à l’intérieur de cet instrument plus petit qu’un piano ! On perçoit immédiatement le travail immense que cela représente.

Démonstrations aujourd’hui

Les explications « techniques » commencent. La différence entre un piano et un orgue ? « Mis à part le clavier, il n’y a aucune similitude ! » L’orgue s’apparente plus à la flûte ou à la cornemuse. « La flûte a plusieurs notes. Là on a une série de flûtes (ou de tubes) avec une note chacune », explique Étienne Fouss. « Il y a une soufflerie qui alimente un réservoir d’air au bas de l’orgue. Un mécanisme ouvre des soupapes qui permettent de faire rentrer l’air. » Celui-ci alimente certains tuyaux, en fonction des touches sur lesquelles on appuie. Pour les démonstrations « en vrai », rendez-vous aujourd’hui place Saint-Louis (voir ci-contre). L’artisan d’art, installé à Périgueux depuis dix ans, sera présent avec deux modèles d’orgues et des pièces qui permettront d’en comprendre le fonctionnement.

Périgueux
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Il redonne vie à des pianos rares

Luc Guiot travaille pour les plus grands concertistes. Il livre sa passion.

Pour réparer un piano, il ne faut pas seulement savoir travailler le bois. Luc Guiot doit aussi tester l’instrument.

Pour réparer un piano, il ne faut pas seulement savoir travailler le bois. Luc Guiot doit aussi tester l’instrument. (Ph. Jean-Christophe Sounalet)

Des violons en cours de réparation ou d’autres, bois encore blanc et formes de manches naissantes. Ce petit monde s’expose dans la vitrine, au milieu de drôles de marionnettes longilignes. Luc Guiot, facteur de piano, partage son atelier de la rue Aubergerie, à Périgueux, avec un luthier. C’est en poussant la porte arrondie et en pénétrant dans cette unique pièce qu’on découvre alors quelques pianos. Loin de la pudeur habituelle, ces instruments se mettent à nu, toutes cordes et marteaux dehors.

Luc Guiot travaille actuellement sur un piano carré datant de 1791, exactement le même que celui qui appartenait à la reine Marie-Antoinette. Son travail ? Le remettre en état de jeu, l’accorder, lui redonner vie et beauté, sonorité et harmonie. Loin d’être une mince affaire, cela va demander des mois entiers de travail, à commencer par une recherche approfondie de son histoire. « On a parfois la chance de retrouver des archives qui témoignent de la vie de l’instrument », explique Luc Guiot, animé par cette passion depuis sa plus tendre enfance.

Transmettre sa passion Cette passion, justement, il a décidé de la transmettre, tout comme son savoir-faire, aiguisé durant des années. Membre du conseil d’administration d’Europiano France, une association nationale qui regroupe les techniciens du piano, il est aussi chargé de la formation des facteurs de pianos à l’Institut technologique européen des métiers de la musique. Car les talents de cette profession sont multiples. Luc Guiot a d’abord été formé à la menuiserie. « Je suis allé chez les Compagnons. J’avais un talent particulier pour tout ce qui se monte et se démonte. Le bois est un matériau noble que l’on peut recoller, transformer… » Mais il détient beaucoup d’autres cordes à son arc. Luc Guiot peint, soude, fait de la marqueterie, sort des cadres en fonte de 200 kilos et fabrique une multitude de petits accessoires…

Le piano comporte des centaines de pièces différentes, qui doivent toutes être ajustées au millimètre près. Alors, l’atelier de Luc Guiot prend des airs de caverne d’Ali Baba. Des morceaux de cuir s’entassent dans un tiroir et, dans celui du dessous, feutres, rondelles et mouches d’enfoncements s’amoncellent dans une pagaille où seul l’artisan d’art peut trouver ce qu’il cherche.

Les plus grands concertistes Depuis près de trente ans qu’il se frotte à ce métier, Luc Guiot a su faire ses preuves auprès des plus grands concertistes. Ils font appel à lui et à son oreille précise et implacable pour transporter, installer et accorder leur piano lors des concerts. Mais de ça, il ne parle presque pas. « On instaure une relation de confiance avec les musiciens, explique-t-il. Ils nous confient leur outil de travail, mais surtout leur plus bel objet. »

Il a choisi ce métier pour nourrir sa fascination pour cet instrument, et aussi pour rencontrer des gens. Alors, il n’échangerait sa vie de saltimbanque pour rien au monde. En Dordogne, il aide des associations locales et met à disposition ses pianos pour les concerts. En ouvrant la porte de son atelier, les curieux pénètrent dans son univers, qu’il aime partager et raconter.

Le secret du Stradivarius? De petites imperfections

Le secret du son unique émis par les violons des maîtres luthiers Antonio Stradivari et Giovanni Battista Guadagnini résiderait dans de petites imperfections dans les instruments, selon une nouvelle étude menée au niveau microscopique et rapportée dans le journal britannique The Sunday Telegraph.

Antonio Stradivari et Giovanni Battista Guadagnini ont produit leurs violons aux 17e et 18e siècles dans leur atelier de Crémone, en Italie. La raison pour laquelle ces violons sonnent de manière si exceptionnelle, dénommée le « secret de Crémone », est discutée depuis déjà longtemps. Des experts ont notamment décelé un procédé de fabrication spécial du vernis qui recouvre les instruments ou encore une infection fongique du bois.

Franco Zanini, un physicien de Trieste, a examiné, pour la première fois, un violon de Guadagnini de 1753 au niveau le plus microscopique possible. En utilisant une petite version d’un accélérateur de particules, le scientifique a pu étudier le bois sous le vernis, selon The Sunday Telegraph. « Nous avons constaté qu’il y avait plusieurs petites asymétries. En principe, il n’y a aucune raison, mais peut-être que ces petites imperfections ont été créées afin d’éliminer le son désagréable des instruments symétriques », explique Franco Zanini.

Le violon examiné de Guadagnini dévoile notamment des modifications aux ouïes en forme de « f », qui ne sont pas visibles à l’oeil nu. Le physicien espère maintenant pouvoir étudier les violons de Stradivari afin de confirmer sa théorie.

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Et si on faisait le choix du confort et du bien-être du musicien…

Piano, objet sonore, esthétique et émotionnel

C’est au salon de l’auto 2012 que vous le découvrirez, le nouveau piano Pleyel est le fruit de la pluridisciplinarité que nous prônons tant à Médecine des arts®. Le studio design de Peugeot a mis son expérience et sa technologie pour créer en collaboration avec Pleyel ce piano. Le designer, également pianiste, a imaginé cette esthétique futuriste.

L’équipe de Peugeot a repensé le volume, l’architecture, l’ergonomie. Peugeot Design Lab a eu l’idée d’aligner le clavier sur le couvercle du piano ; Pleyel de son côté concevait une mécanique adaptée en préservant au possible les composantes sonores de cette marque.

Peugeot a introduit une idée issue directement de sa technologie industrielle, en supprimant la « barre » de maintien du couvercle du piano, celui-ci est repensé comme le hayon automobile ; les pieds traditionnels ont disparu au profit d’un monopied décalé et plat. Le piano est en fibre de carbone ce qui lui procure une certaine légèreté, un profilage particulier. Pleyel, depuis de nombreuses années, innove et travaille avec des designers pour faire de cet instrument traditionnel, également un objet sonore esthétique et émotionnel.

On connaissait le piano créé par l’architecte Andrée Putmann, dénommé « Voie lactée », habillé de son damier en nacre incrusté, Corian pour le pupitre et crin de cheval pour la banquette (piano Pleyel présenté en 2006). Andrée Putmann a également été premier prix de conservatoire de Paris.

Le Piano Parallèle présenté en 2010 par le créateur Hilton Mc Connico, commandité par Pleyel : « j’ai créé, dira-t-il, une mise en scène où la verticale se confronte à l’horizontale, où le fond se confond dans la forme, où le mat intensifie le brillant. Cet ensemble s’harmonise avec la touche turquoise, essentielle, qui réside dans l’âme de l’instrument ».

Le piano Erato Humana Est (2006) créé par l’artiste Marco del Re pour Pleyel, artiste aux multiples facettes qui métamorphose le piano traditionnel en instrument lumineux scénarisé dans un Spacemeeting.

L’histoire du piano est jalonnée d’innovation, de créativité et Pleyel participe régulièrement à cette recherche au carrefour de la technologie, des arts plastiques, de l’architecture et de la musique. Cette prise de risque est toujours à saluer dans une période qui pousse plutôt à l’inertie et au retour en arrière.

L’innovation au service de l’esthétique et de la physiologie du musicien

Pour notre part, nous lançons l’idée que l’innovation dans un même élan artistique, musical, intègre l’ergonomie, la physiologie, le bien-être au bénéfice du musicien. Et nous restons au service de Pleyel et d’autres fabricants pour travailler dans ce sens.

Lors d’une visite à Bruxelles nous avions vu (pas découvert, nous connaissions déjà cet instrument) le piano à clavier arrondi, clavier ergonomique qui n’a pas connu de succès, mais présente une piste très innovante à l’époque, directement inspiré de données ergonomiques qui seront théorisées bien plus tard.

A nos lecteurs nous lançons l’idée de nous adresser les photos d’instruments de musique, clavier mais pas uniquement, étonnants par leur forme, leur design, leur créativité, mais aussi leur ergonomie et si possible avec l’historique et les circonstances qui ont permis cette création.

A nous adresser par mail : mda@medecine-des-arts.com

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La renaissance de l’orchestre de Louis XIV et de ses violons disparus

Mystère 08/07/2012 à 14h23

Rue 89

Camille Larbey | Journaliste

Des luthiers et un chef d’orchestre ont résolu l’une des plus belles énigmes de la musique baroque en redonnant vie à l’ensemble musical des 24 Violons du roi.

Sherlock Holmes, qui jouait de l’archet à ses heures perdues, aurait adoré cette enquête : reconstituer les mystérieux 24 Violons du roi, un orchestre d’exception dont on peut désormais entendre les sonorités majestueuses, après 250 ans de silence.

Un soir à Versailles, « les 24 » renaissent

Château de Versailles, le 22 juin 2012 : les notes de musique baroque emplissent la vaste galerie des Batailles. Puis le chef d’orchestre Patrick Cohën-Akénine baisse lentement sa baguette. Le public applaudit à tout rompre. Il vient d’écouter quelques œuvres de Lully, Desmarest, Marais, Campra et Lalande interprétées par les prestigieux 24 Violons du roi.


Le concert du 22 juin 2012 de l’académie des 24 Violons du roi au château de Versailles (A.T Chabridon)

Ce soir-là, le concert avait une saveur particulière : il clôt plusieurs années d’investigation pour faire renaître ce premier orchestre permanent de l’histoire de la musique contemporaine. Mais retournons d’abord quelques siècles en arrière.


Jean-Baptiste Lully (Wikimedia Commons/CC)

L’orchestre des 24 Violons du roi est créé en 1577 et connaît son âge d’or sous la baguette de Jean-Baptiste Lully, pendant le règne de Louis XIV.

Cette formation d’exception, destinée aux divertissements et cérémonies officielles du roi, est alors enviée par toutes les cours d’Europe.

A la différence des autres grands ensembles étrangers, il a pour particularité de rassembler non pas quatre, mais cinq familles de violons. Chacune a une dimension et un timbre spécifiques.

Mais la montée en puissance au XVIIIe siècle de l’orchestre italien – à quatre parties et qui joue notamment sur des altos, violoncelles et contrebasses – détrône les 24 Violons du roi. L’orchestre est supprimé en 1761. Avec lui disparaissent la plupart de ses instruments d’époque.

Trois familles de violons manquantes


Patrick Cohën-Akenine (DR)

A la fin des années 2000, le Centre de musique baroque de Versailles, à l’initiative du chef d’orchestre Patrick Cohën-Akénine, se lance dans un grand chantier pour comprendre le fonctionnement et les sonorités des 24 Violons du roi.

Sur les cinq familles de violons du XVIIe siècle, seules deux nous sont parvenues : le dessus de violon et la basse de violon, soit l’équivalent aujourd’hui du violon normal et d’un violoncelle.

Il s’agit alors de recréer les trois tailles de violon manquantes : la haute-contre, la taille et la quinte.

La tâche est confiée à un duo de luthiers : Antoine Laulhère et Giovanna Chitto, appréciés dans le milieu pour leur maîtrise des techniques traditionnelles.

« On a cherché à déménager à une époque »

Les travaux du musicologue Edmond Lemaître, expert en musique baroque, servent de point de départ à cette enquête. Estampes, gravures et réserves de musées sont passées au peigne fin.

« On a cherché à déménager à une époque », se souvient le luthier Antoine Laulhère. Les chercheurs mettent finalement la main sur le rare texte ancien qui décrit les dimensions de ces violons : le Traité de l’harmonie universelle, écrit en 1636 par le moine savant Marin Mersenne.

Un violon « hors norme » de 1700

Mais n’ayant aucun vestige historique fiable pour dessiner les modèles manquants, les luthiers partent d’un violon datant de 1700 et réalisé par un artisan anonyme.

Cet instrument a la particularité d’être « hors-norme », c’est-à-dire qu’il ne correspond à aucune famille spécifique connue. Antoine Laulhère raconte :

« Ses dimensions étaient assez compatibles avec ce qui existait à l’époque. Et en le voyant, il me donnait aussi la sensation que j’allais trouver un son intéressant. D’une manière arbitraire, j’ai décidé que c’était le modèle de référence pour envisager les nombreux choix structurels. »

Reconstituer les vernis de l’époque

L’une des réussites majeures des luthiers est d’avoir su retrouver, grâce aux progrès de la chimie, la formule du vernis d’époque, perdue depuis le début du XIXe siècle.


Le concert du 22 juin 2012 de l’académie des 24 Violons du roi au château de Versailles (Patrick Cohën-Akenine)

Dans les années 1990, des recherches scientifiques ont permis de détecter sous le vernis des violons du XVIIIe siècle la présence incongrue de minéraux couramment utilisés en maçonnerie, soit un univers bien éloigné de la lutherie.

S’agissait-il de traces de gestes techniques secondaires (comme un ponçage) ou d’un procédé lié au vernissage ? Les luthiers ont penché pour la seconde hypothèse et décidé d’affiner leurs recherches en ce sens.

Un vernis inspiré des bois de marine

En 1992, Antoine Laulhère rencontre un homme d’un certain âge qui a passé son enfance à travailler dans un chantier naval de Venise. Ce dernier lui décrit avec précision un traitement traditionnel utilisé autrefois contre le pourrissement des bois de marine.

Cette technique, certainement très ancienne, contient les principaux minéraux relevés sur les violons du XVIIIe siècle. A partir de la recette donnée de mémoire par l’ancien ouvrier des chantiers navals, Antoine Laulhère met dix ans à élaborer la formule et à retrouver un savoir-faire que l’on croyait perdu.

Grâce à ce vernis retrouvé, les luthiers ont pu donner aux Violons du roi une pâte sonore d’époque.

Recréer un timbre oublié

Mais reste la principale énigme : comment recréer un timbre dont plus personne ne se souvient aujourd’hui ? Le chef d’orchestre Patrick Cohën-Akénine explique :

« Je suis parti de la langue française pour retrouver un son typiquement français. Nous avons une façon de parler assez unique avec ces diphtongues très nasales comme les “on”, les “en” et les “un”. Cela m’intéressait que les instruments aillent dans ces directions-là, avec un timbre très marqué. »

A partir de ses indications, les luthiers élaborent un premier violon. Avec Patrick Cohën-Akénine, ils le commentent, le critiquent et le recontextualisent dans un orchestre encore inexistant.

Pour chacun des trois modèles – haute-contre, taille et quinte –, quatre essais successifs sont nécessaires avant d’atteindre les sonorités souhaitées.

N’utilisant que des techniques de lutherie de la période pré-industrielle, le duo Laulhère-Chitto met cinq années à produire les dix-huit instruments manquants et ranimer les 24 Violons du roi.

En fonction de leurs tailles, les violons coûtent entre 6 000 et 12 000 euros pièce.

Une part de mystère demeure

Cette méthode scientifique, peu orthodoxe, reste critiquable car personne n’est en mesure de vérifier l’exactitude des sonorités.

Le chef d’orchestre reconnaît volontiers le caractère subjectif de sa démarche :

« Ce que nous voulions, c’est qu’il y ait une proposition existante, qu’il y ait un changement, qu’on arrête de jouer de la musique du XVIIe sur des instruments qu’on utilise après, à partir du XVIIIe. »

Nul ne sait si les 24 « nouveaux » Violons du roi sonnent parfaitement comme leurs ancêtres, mais l’histoire de ces violons donne à la musique baroque française un relief inédit.

Infos pratiques
Assister à un concert des 24 Violons du Roi

Le 24 Juillet à 20h à l’Opéra Comédie de Montpellier dans le cadre du festival Radio France (concert enregistré et rediffusé en différé) ; 28 juillet 2012 aux prestigieuses BBC Proms. Le concert se déroule au Cadogan Hall, à Londres.

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