Le solfège sans peine d’Alain Stoffen

La Lettre du Musicien

L’auteur, professeur de piano, publie une méthode, Lire la musique en un clin d’œil, qui s’adresse à tous ceux qui ont été rebutés par l’apprentissage du solfège.

Il s’agit ici du tome 1, consacré uniquement à « l’acquisition facile et progressive de la lecture des notes en clé de sol et en clé de fa ».
Une brève première partie donne les éléments de base de l’écriture musicale ; puis l’auteur relate, avec un beau talent de conteur et de vulgarisateur, l’histoire de la notation, depuis les neumes du 9e siècle, jusqu’à la portée à 5 lignes du 13e, en passant par les transformations graphiques des clés de sol et de fa.
L’ouvrage est avant tout destiné aux pianistes, qui doivent pouvoir lire les deux clés, mais si on n’a besoin que d’une seule clé pour jouer de son instrument, on travaillera seulement celle qui est nécessaire, recommande Alain Stoffen.
Le pédagogue installe enfin sa méthode, que l’on peut résumer ainsi : apprendre quelques notes « points de repère » (sur le papier et sur le clavier) ; recopier ces notes, les entourer, la méthode proposant de très nombreux exercices ; et travail complémentaire : prendre une partition et cerner ces notes « phares ». Le livre entier décline ce principe, fondé, donc, autant sur l’écriture que sur la lecture. Ensuite viendra l’apprentissage des notes « voisines ». Un tome 2 est annoncé, qui abordera la lecture de notes verticale.
Editée à compte d’auteur, cette méthode est aussi un beau livre qui, nous semble-t-il, conviendra bien aux adultes qui désirent commencer la musique par eux-mêmes.
Michaël Sebaoun

Georges Dandelot, il y a fort longtemps, avait pratiqué cette méthode…

Peu d’effets…

Florémon

Le « Jianpu ».

Le Jianpu (chinois traditionnel : 簡譜 ; chinois simplifié : 简谱 ; pinyin : jiǎnpǔ ; littéralement « notation simplifiée ») est un système de notation musicale utilisé dans le monde chinois. Il est dérivé du système français Galin-Paris-Cheve et s’est largement répandu comme système de notation en 1900. Les chinois l’appellent également système numéroté

Histoire

Le Jianpu succède au Guqin, qui est parfois encore utilisé. Du fait de sa simplicité, il a été inventé ou revisité à plusieurs reprises au cours de l’histoire. Une première trace d’un système de notation chiffrée apparaît en 1663 sous la plume d’un moine franciscain Souhaitty C. Willems. Rousseau exploite ou réinvente le procédé dans son mémoire de 1742. Au début du XIXe siècle, le professeur de mathématique P. Galin (1786 ─ 1821), l’orchestre philharmonique du Dr A. Paris (1798 ─ 1866) et le professeur de musique EJ Chevé (1804 ─ 1864) popularisent la notation. Le gouvernement Français valide ce système de notation et lui donne une reconnaissance officielle sous le nom de notation Galin-Paris-Chevé1.

La date d’arrivée exacte du Jianpu en Chine est inconnue, le système Chevé serait importé par un Français via le Japon à la fin du XIXe siècle2,3. Il se diffuse ensuite très rapidement dans le pays, et il est aujourd’hui majoritaire en Chine.

Notation

notes de musique

Les nombres de 1 à 7 représentent les notes musicales. Ils correspondent à la gamme majeure diatonique. Par exemple, en do majeur, la relation entre le solfège et la notation jianpu est :

Solfège :  do  ré  mi  fa  sol la  si
Notation : 1   2   3   4   5   6   7

Le 0 représente un silence.

Changement d’octave

Les points, sur ou sous les notes de musique, les augmentent ou diminuent d’une octave. Le nombre de points correspond au nombre d’octaves. Par exemple, « 6 » avec un point dessous est inférieur d’une octave à « 6 ». Les gammes peuvent donc être écrites ainsi :

Piano chinois pour enfant en notation Jianpu

                                         .
gamme majeure :            1 2 3 4 5 6 7 1

gamme mineure naturelle :  6 7 1 2 3 4 5 6
                           · ·

Durée des notes

Un chiffre seul correspond à une noire. Les traits suivant la note la prolonge.

1      noire
1-     blanche
1--    blanche pointée
1---   ronde
1----- ronde pointée

Au contraire, les traits soulignants, correspondent à des divisions

1 soulignement : croche
2 soulignements : double croche
3 soulignements : triple croche
4 soulignements : quadruple croche

Cela correspond donc aux nombres de barres ou de crochets dans la notation du solfège.

Liaisons

Les liaisons se notent comme en solfège, avec une courbe allant de la première à la dernière note liée.

Au contraire, un V en haut de la ligne de lecture, indique un endroit où l’on peut reprendre sa respiration.

Ornements

Parmi les ornements utilisés en jianpu, on peut noter :

L’appoggiature

L’appoggiature est notée généralement par une flèche arrondie, montante ou descendante, entre les 2 notes auxquelles elle va s’appliquer, elle est notamment utilisée dans les instruments à vent ou à corde pour des transitions qui doivent se faire progressivement entre 2 notes, et non pas de manière très distincte.

Appoggiature brève

Il existe également des appoggiatures brèves. Elles sont notées par le numéro de la note écrit en petit, au-dessus de la ligne de base, avec un double souligné et une courbe allant vers la ligne de la note (quart bas, gauche d’un cercle).

La trille

La trille est notée tr comme en solfège. La notation est placée au-dessus du numéro de la note et se joue en alternant avec la note supérieure. Un numéro de note peut être écrit au-dessus de tr, dans ce cas, la trille s’exécute en alternant entre la note au-dessus de laquelle elle est inscrite et cette note ajoutée au-dessus.

Exemple

Voici pour l’exemple le morceau « Amazing Grace » de John Newton, en version jianpu, puis en version solfège.

Le morceau assez simple, « Amazing Grace » en notation jianpu Pour comparaison, version du même morceau en notation de solfège