Bordeaux. Le premier concert du nouveau directeur musical..

Bordeaux, auditorium Henri Dutilleux. 26-IX-2013. (1659-1695) : Music for the Funeral of Queen Mary. (1860-1911) : Symphonie n°2 « Résurrection ». , soprano ; , contralto. (chef de choeur : Igor Ijurra), Choeur de l’Opéra national de Bordeaux (chef de choeur : Alexander Martin), , direction :

 

Paul DanielCurieux choix, pour son premier concert en tant que directeur musical de l’, que ce doublé Purcell / Mahler, qui commence par un service funèbre et se termine par une oraison mystique sur le sens de la vie. Peut-être aurait-on souhaité programme plus optimiste, mais le rendu sonore de la soirée, quelles que soient les œuvres, laisse entrevoir un avenir plus que radieux pour l’ONBA et son nouveau chef.

 

L’entrée en matière se fait progressive et de façon dramatique. Le quatuor de cuivres (et le tambour) de la Musique pour les funérailles de la Reine Mary se font entendre en coulisses puis avancent progressivement à chaque entrée avant d’être clairement visibles (et sonores) pour la dernière partie. Le chœur (pour cette œuvre uniquement celui de l’Opéra, en disposition réduite) s’adapte bien à cette vocalité toute en retenue. L’orchestre, au grand complet, reste dans la pénombre. Les projecteurs pleins feux alliés au premier accord fortissimo de la Symphonie n°2 réussissent leur effet dramatique. D’emblée le spectateur est frappé, voire plaqué à son siège, par la puissance sonore de l’ONBA quand il est poussé à son maximum. Certes le nouvel auditorium a une acoustique flatteuse et permet enfin à cette phalange d’avoir un lieu de travail digne de ce nom.

 

avec Mahler ressemble un peu à Bernstein qui aurait dialogué avec Boulez et Harnoncourt. Du premier il prend la lecture d’ensemble de l’œuvre, soutenue par un souffle épique, trouvant les liens entre les mouvements – et les parties de chaque mouvement – pour les unifier.  Du second il retient un équilibre parfait des plans sonores et une lisibilité très claire de la polyphonie : là où d’autres ont tendance à faire du magma symphonique reste toujours maître de ses (nouvelles) troupes. Du troisième enfin on retrouve les attaques et articulations presque surjouées, donnant ainsi un Mahler dégraissé, vif, alerte, débarrassé d’un sentimentalisme trop fort. Parfois cela peut sonner un peu trop sec, les cordes manquent encore de velours, mais un son d’orchestre ne se crée pas du jour au lendemain. Le chœur, réunissant celui de l’Opéra et l’, se sort avec les honneurs d’une partie aussi courte que redoutable. Regrettons toutefois cette mode persistante de caser le pupitre de basses systématiquement au fond, le plus loin possible du chef et du public, qui crée un déséquilibre entre les pupitres avec des sopranos omniprésentes. Mentionnons enfin les deux solistes, , aux aigus stratosphériques, et qui, sans afféteries et sans forcer ses moyens, nous livre un Urlicht bouleversant.

 

Paul Daniel © Frances Andrijich

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Encore un bel été musical en Bergerac

SUD-OUEST

http://www.sudouest.fr/2013/07/24/encore-un-bel-ete-musical-en-bergerac-1123388-1733.php

L’édition 2013 de ce festival, qui donne à entendre quelques-unes des plus belles partitions musicales dans quelques-uns des plus beaux sites de Dordogne, débute ce jeudi

Ce sont les Corses d'A Filetta qui ouvriront ce jeudi la nouvelle édition du festival l'Eté musical en Bergerac

Ce sont les Corses d’A Filetta qui ouvriront ce jeudi la nouvelle édition du festival l’Eté musical en Bergerac (Photo archives « SO »)

Une incursion dans le tout proche Lot-et-Garonne voisin, dans la magnifique bastide de Villeréal, ouvrira L’Été musical en Bergerac, ce jeudi.

Superbe site et affiche remarquable, puisque le groupe corse A Filetta interprétera des polyphonies religieuses à six voix dans l’église. Depuis trente ans, ce groupe phare fait connaître les musiques traditionnelles de Corse tout en créant un nouveau répertoire. Il vient de publier son treizième disque, « Trent’anni pocu  ». Leur tournée estivale, qui passe donc par la Dordogne, se poursuivra sur leur île. Ils participeront notamment en septembre aux 24e Rencontres de chant polyphonique à Calvi.

Créé en octobre 1978 en Balagne, à l’initiative d’un jeune instituteur soucieux de préserver une tradition en déclin, le groupe est aujourd’hui composé de Jean-Claude Acquaviva, Jean-Luc Géronimi, Paul Giansily, Jean Sicurani, Céccé Acquaviva et Maxime Vuillamier. Il est l’un des plus créatifs de l’île de Beauté.

Itinérant et éclectique

Le programme dense de ce festival (jusqu’au 16 août) fera une autre incursion à Villeréal, dimanche 11 août, avec des solistes de Zagreb dans un répertoire très classique où l’on entendra Bach et Beethoven. Mais l’essentiel des rendez-vous proposés par Marc Chisson et ABC musique (Abbayes, bastides et châteaux en musique) constituera une balade musicale dans des mondes très différents et dans des lieux qui méritent à eux seuls le détour.

Des lieux et des sons

L’abbaye de Cadouin accueillera quatre concerts. Le premier est programmé vendredi 26 juillet avec un répertoire traditionnel crétois. La mezzo-soprano Karine Deshayes y chantera Brahms, Massenet, Fauré et Saint-Saëns samedi 27  ; le quatuor de violoncelles Rastrelli y sera lundi 12 août et le chœur Oxford Voices, autour du « Miserere » d’Allegri, s’y produira jeudi 15 août. Autre lieu magnifique, l’abbaye de Saint-Avit-Sénieur, où les rendez-vous sont prévus mi-août. On y entendra la soprano Magali Léger et l’ensemble Rosasolis sur le thème « le passionni dell’anima », puis un orchestre symphonique interprétera des œuvres de Beethoven et le Requiem de Fauré.

La Grange de Lanquais sera aussi un lieu de concerts, à la fin de ce mois, avec le quatuor Parker puis le pianiste Philippe Cassard.

Début août, c’est la bastide de Monpazier qui sera en vedette, avec notamment l’acteur Michel Bouquet dans « Le Roi se meurt », d’Eugène Ionesco.

Moins connus, le château de Saint-Germain et le château de Campagne prendront le relais. Bergerac ne sera pas délaissée avec trois concerts sur le vieux port en août.

Renseignements et réservations au 05 53 74 30 94 ou par e-mail à festivalbergerac@wanadoo.fr. Tarifs  : de 25 à 50 euros (Michel Bouquet).

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Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf Quintet – The Wind


Mercredi 17 avril 2013 à 20h30

Avec
Ibrahim Maalouf (trompette ¼ ton)
Ira Coleman (contrebasse)
Mark Turner (saxophone)
Clarence Penn (batterie)
Frank Woeste (piano)

Production
Anteprima productions

Jazz, musique du monde – Tout public – Création
Le Théâtre – 20h30 – 1h30
Plein tarif : 25 € – Réduit : 23 € – Abonné : 20 € – Jeune : 8 €

Ibrahim Maalouf est un homme du monde… Son jazz s’aventure, délicieusement vagabond…Trompette orientale, saxophone, basse, piano et batterie… Le jazz inclassable d’Ibrahim Maalouf dépasse les frontières, pour un moment d’exception, inédit et intense…

En 1957, Miles Davis signe la musique du film Ascenseur pour l’échaufaud, qui marque le début de sa consécration en France. Ses improvisations d’une grande sensibilité et son timbre unique y créent des atmosphères inoubliables.

Une dizaine d’années plus tard, Nassim Maalouf, le père d’Ibrahim, ajoute un quatrième piston à sa trompette, inventant un instrument sur mesure, capable de produire ces quarts de ton si spécifiques aux gammes orientales.

Deux faits sans lien apparent, qui vont façonner l’apprentissage et nourrir l’imaginaire du jeune prodige. Deux révolutions personnelles pour ce trompettiste ouvert et instinctif, qui mêle dans ses compositions Orient et Occident, musique savante et jazz moderne…

Dans ce concert imprégné de l’auréole bleutée de Miles Davis, « il ne s’agit pas d’imiter l’Inimitable », mais d’en recréer l’esprit. Entouré d’artistes hors pair, cet authentique musicien sans frontière offre un son velouté, aux volutes sonores métissées. Un jazz au pluriel, sensible et virtuose, qui nous emporte loin…

« Solaire, introspectif, le trompettiste est toujours sublime quand il improvise. » Télérama Sortir

 
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La Tosca à Périgueux. Critique.

Mardi 26 mars, l’Odyssée offrait aux Périgourdins l’opéra de Puccini la Tosca, dans la version de l’Opéra Nomade et du Centre lyrique Clermont Auvergne. Disons tout de suite que ce fut une soirée de qualité.

Le plateau vocal était  tout à fait honorable. Noriko Urata a campé une Tosca dont la fragilité physique  faisait ressortir l’ampleur de la voix et le caractère indomptable, en particulier dans son affrontement avec Scarpia. Ce dernier était chanté par une « doublure » qui a parfaitement tenu son rôle et mérité les louanges du public. Quant à Norbert Xerri, il a proposé un Cavaradossi avec une  voix de qualité un peu desservie par un jeu scénique bien conventionnel.

L’orchestre de l’Opéra Nomade surprend initialement par son volume sonore d’orchestre de chambre pour qui est habitué aux imposantes phalanges des grands opéras européens mais cela conduit à une lecture plus analytique, plus légère de la musique de Puccini et au total c’est très convaincant.

Reste un problème qui ne relève pas des artistes : la qualité acoustique déplorable de la salle.  Le son est dur, métallique, sans épaisseur. On plaint les chanteurs et l’orchestre.

N’y a-t-il donc aucune possibilité pour améliorer cette situation ?

L’amateur ripérien.

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